Conférences scientifiques : Grégoire Marcel et ses amis
« Faites de la science de Saillans : une notoriété confirmée »
Les amateurs de science ont été, cette année encore, pleinement satisfaits lors des « faites de la science de Saillans ».
En effet, le thème retenu par les organisateurs, l’alimentation, est au cœur de l’actualité et des préoccupations de chacun.
otre alimentation est essentielle pour notre qualité de vie mais elle peut comporter des dangers et être cause de multiples maladies comme, entre autres, le diabète… C’est ce sujet qu’a développé Jean-Pierre PRALY, Saillanson d’origine spécialiste de l’études des sucres et de leurs liens avec le diabète.
Étude à laquelle il a consacré une part importante de sa vie professionnelle.
La production de nourriture, depuis la culture des ressources agricoles, en passant par leur transformation artisanale ou industrielle peut comporter de multiples intrants dont la nature et les dimensions ne sont pas sans effets sur les consommateurs et l’environnement. Ainsi, Jean-Jacques GAUMET, spécialiste des nano matériaux, a expliqué, entre autres, pourquoi et comment ces éléments immensément petits sont utilisés afin de rendre les aliments encore plus appétissants ou permettre leur conservation au-delà des limites naturelles !
La diététique est une discipline en plein essor, nombreuses étant les personnes et aussi les autorités publiques préoccupées par la préservation de la santé des humains. Sarah GAUMET, a montré comment cette discipline professionnelle a évolué et s’intéresse maintenant globalement aux individus auxquels elle s’adresse. Manger sainement, ce n’est pas que consommer 5 fruits et légumes par jour ! Aider chacun à avoir une alimentation saine conduit à s’intéresser à tous les aspects de la vie de chacun dans une approche holistique.
Pour Matthieu CURTIL, pharmacien aux Hospices civils de Lyon, la bactériologie, et en particulier le microbiote, est au cœur de la construction de la santé. Après un retour sur les micro-organismes, des virus aux bactérie en passant par les protozoaires et les champignons microscopiques, il a montré comment certains ont des effets délétères sur les humains. Il a décrit comment ceux-ci peuvent provoquer des infections à l’origine de maladies, et comment d’autres, telles que des moisissures, permettent d’obtenir des antibiotiques qui soignent ces maladies. Il a notamment expliqué que la perte d’efficacité de certains antibiotiques est liée à la capacité d’adaptation des germes pathogènes et comment ces médicaments peuvent retrouver leur efficacité après que les antigènes ont perdu leur adaptation…
De nombreux sous-thèmes auraient pu être développés, tels que la géopolitique, la géoéconomie et la géostratégie de l’alimentation, croisées avec l’évolution des politiques conduites par les pays à travers le monde et la croissance de la population mondiale et des besoins en termes d’alimentation.
Mais les organisateurs ont tenu à entendre Grégoire MARCEL, notre astrophysicien saillanson, faire un point sur l’avancée des recherches sur les trous noirs. Il a notamment insisté sur le fait que chaque galaxie de l’univers comporte en son cœur un trou noir géant mais qu’elles comptent aussi de nombreux autres trous noirs dispersés là où des étoiles beaucoup plus grosses que notre soleil sont mortes et se sont effondrées sur elles-mêmes. Ces compléments ont enchanté les nombreux auditeurs qui ont assisté à l’édition 2025 des « Faites de la science de Saillans ».
Vivre à Saillans à organisé ses « Faites de la science » estivales sous la houlette scientifique de l’astrophysicien Saillanson, Grégoire MARCEL.
Avec l’essor des voitures électriques, l’électrochimie est à l’honneur en 2024.
Ainsi, Jean-Pierre PRALY, ingénieur-chimiste, nous a fait voyager « de l’alchimie à la chimie, de l’antiquité au 19è siècle ».
Sur cette base historique, Jean-Jacques Gaumet, professeur de chimie à l’université de Loraine, nous a éclairé sur « les matériaux critiques et précieux, et notamment sur les 2 éléments au cœur des enjeux géopolitiques des batterie électriques : le sodium et le lithium ».
Olivier DANGLES, écologue et directeur de recherche, a abordé la question des « Couleurs naturelles et de leur intérêt dans un contexte alimentaire… ».
Pour Grégoire, « Où en est l’astrophysique de l’existence de Dieu ? »
Avec Grégoire Marcel (astrophysicien à Cambridge) et ses amis scientifiques - des conférences qui vulgarisent sans tomber dans le simplisme.
Lundi 14 août :
- 18h : Jean-Jacques GAUMET, Professeur de chimie à l’université de Lorraine « L’univers des nanomatériaux »
- 19h : Benoît BAILLIF, Doctorant à l’université de Cambridge « L’intelligence artificielle »
Mardi 15 août
- 18h : Grégoire MARCEL, Enseignant-chercheur à l’université de Cambridge « Impact des astres (lune vs astrologie) : mythes, légendes ou réalité »
Conférences peinture : Salomé
La représentation de la femme reflète les conceptions esthétiques, sociologiques et morales de l’époque à laquelle l’œuvre a été créée.
Elle peut être symbole de fécondité, idéal de beauté, de pureté, mère dévouée, épouse admirable, déesse, courtisane, dangereuse femme fatale, une allégorie, ou encore femme-objet, femme victime, femme libre...
L’œuvre d'art s’inscrit dans une recherche qui dépasse la seule représentation du réel. Voyons ensemble ce que les peintres, beaucoup d'hommes mais aussi des femmes, nous rapportent sur la féminité et ses contradictoires facettes.
La peinture nous en dévoile (souvent) les archétypes et fantasmes à travers l'histoire jusqu'à nos jours.
Salomé Morin a offert à son auditoire un riche éventail de regards et d’éclairages sur le nu de la peinture et la sculture.
Les représentations du nu humain sont aussi vieilles que l’Humanité, comme en témoignent des statuettes de femmes nues, aux formes rebondies, âgées de 40 000 ans.
Le nu dans l’art se distingue de la pornographie en cela qu’il existe une distance créée par l’artiste entre le modèle et la personne qui regarde l’œuvre.
Lequel montre son interprétation de la réalité tout en respectant des codes qui gomment ou atténuent la réalité sexuelle des corps représentés.
En sculpture et en peinture, ce sont autant la femme que l’homme qui sont mis à nu. En premier, Dieu lui-même, dont les fesses sont montrées par Michel-Ange dans La Chapelle Sixtine ! Et aussi la Mort, qui apparaît nue, décharnée et sans fesses, contrairement à Dieu dans de multiples tableaux. Les divinités antiques, grecques et romaines, constituent des sujets inépuisables pour les artistes.
Salomé Morin documente son propos à partir d’œuvres réalisées par d’illustres artistes et d’autres moins connus ; tous doués d’un coup de pinceau ou de burin remarquables. Elle conduit chacun à voir que ces œuvres montrant le nu ne sont pas les humains ayant servi de modèles à l’artiste. Ce sont des représentations parfois peu fidèles. Elle nous éclaire en nous dévoilant que Michel-Ange ne connaissait pas les corps féminins qui ne l’attiraient pas. Ainsi, ses femmes avaient des corps d’hommes !
Pour conclure son voyage, Salomé a emmené son public jusqu’à une dernière œuvre, suggestive, peinte à partir d’une touffe d’herbe…
Conférences architecture : Frédéric Morin
L’eau est indispensable à la vie sur terre. Elle agit comme une courroie de transmission de l’énergie solaire dans ce qui est appelé le cycle de l’eau. Frédéric MORIN aborde différents aspects dans l’histoire des hommes depuis sa captation, son stockage et ses multiples usages : alimentation et boisson, irrigation, production d’énergie, refroidissement ou réchauffement… Il détaille les procédés d’utilisation et, avant sa restitution au milieu naturel, sa dépollution ; tout comme des solutions de récupération de la rosée dans les zones arides.
Son exposé est axé sur les évolutions culturelles au travers des âges, depuis la maîtrise des besoins en eau pour l'agriculture du Néolithique proche-oriental, jusqu'à la création de nappes phréatiques en Ardèche dans les années 2020. L'eau tombe rarement du ciel dans la bonne quantité et au juste moment où l'Homme en a besoin : il faut donc « cultiver l'eau », tant pour s'en prémunir que pour l'utiliser aux moments opportuns. Les autres animaux que l’homme n'ont pas ce genre de possibilités, ils s'adaptent.
Les humains sont trop nombreux pour pouvoir s'adapter.
Ils adaptent donc le milieu, qui n'a plus rien de naturel, de différentes manières en fonction
de leurs cultures. Il y a aussi de plus en plus d'eau contre laquelle il faut se défendre.
On n’y pense pas en les empruntant, tant cela est naturalisé, mais les ponts sont des ouvrages complexes autant que des œuvres architecturales emblématiques de la réunion de ce qui est séparé.C’est à leur découverte, selon des points de vue inhabituels pour tout un chacun, que nous a entraînés Frédéric MORIN, invité par Vivre à Saillans. Ainsi, les ponts doivent relier des rives de plus en plus éloignées, nécessitant la mise en œuvre de techniques plus complexes et des matériaux plus légers et résistants. Ils doivent être solides étant soumis à des contraintes mécaniques et dynamiques fortes, voire extrêmes. Et, si possible, ils doivent être beaux !Pour illustrer ses propos, l’architecte-conférencier a utilisé une maquette simulant les principes mécaniques à l’œuvre au cœur des ponts (photo). Il a présenté plus de 30 ponts du monde entier, révélant au passage leurs caractéristiques intrinsèques. Parmi eux, le pont du Gard, celui de la rivière Kwai, du Rialto ou encore le viaduc de Millau…
La laïcité s'érige en une civilisation qui dépasse les oppositions religieuses pour les reléguer à la sphère privée de l'individu. Elle promeut un mouvement d'inclusion des individus en garantissant à chacun sa liberté de croire ou de ne pas croire. Elle invite chacun à dépasser les limites forgées par son éducation et son milieu d'origine grâce au progrès scientifique et à l'instruction du plus grand nombre, y compris voir surtout des filles car celles-ci sont souvent les meilleurs outils du maintien des traditions.
L’économie sociale et solidaire au bénéfice de tous
« L’économie sociale et solidaire c’est 200000 entreprises et 2,5 millions de salariés » annonce Jean GATEL en débutant sa conférence.
Enseignant en économie et engagé politiquement au PS, il a été nommé en 1984 secrétaire d’État à l’économie sociale, poste nouvellement créé par François MITTERRAND. C’est pourquoi Vivre à Saillans l’a invité pour éclairer son auditoire sur ce secteur économique si important dans la France d’aujourd’hui.
En effet, l’ESS est composée des mutuelles dont les premières ont été créées au 19ème siècle, lesquelles ont retrouvé une utilité majeure pour les assurés sociaux avec la baisse des remboursements des frais de soins médicaux. Les coopératives, elles aussi très anciennes, constituent le deuxième pilier de ce dispositif essentiel à l’économie française. Enfin, les associations en sont le troisième pilier, sans lesquelles nombre de services ne seraient pas apportés à leurs multiples bénéficiaires. L’ESS repose sur la non-lucrativité, l’utilité collective et la gouvernance partagée.
Jean GATEL rappelle que c’est entre 2012 et 2014, durant la présidence de François Hollande, que le premier Ministère de l’économie sociale a été créé. Ainsi la loi Hamon de 2014 a permis d’apporter une définition claire de l’ESS et de réaffirmer le rôle des entreprises qui la compose dans la création de biens et de services. Jean GATEL explique comment ce modèle économique a été construit, structuré et enrichi par ses promoteurs et alerte chacun sur les dangers de récupération par l’économie du profit qui le guettent aujourd’hui. Les auditeurs ont exprimé leur grande satisfaction d’avoir pu découvrir l’ESS avec un de ses promoteurs historiques toujours engagé dans l’action. Ses derniers livres, « L’économie sociale et solidaire » de 2020 et « Demain il sera trop tard » de 2022, permettront à chacun de s’informer et d’approfondir le sujet.
C’est avec constance que Roger Banissi « mitraille », depuis des années la Drôme qu’il aime tant et, surtout, Saillans et ses environs. Un grand intérêt que cet ancien professeur de physique a partagé avec son public, ce vendredi 21 juillet.
Les diaporamas se sont enchaînés, entraînant les spectateurs dans sa Drôme des collines comme il se plaît à l’appeler. La chèvre, animal emblématique de notre vallée, a été un des fils rouges de ses présentations ; tant celle de Monsieur Seguin, dont il a illustré l’histoire, que celles qui fournissent le lait dont on fait les fameux picodons.
Autre animal présent dans notre région, Goupil le renard a été le prétexte à un film d’animation qu’il a imagé pour introduire ses présentations. Chaque séquence a été mise en texte et en musique, classique et d’aujourd’hui, par
ses soins. Chacun a apprécié ce moment délicat - le temps ayant suspendu son vol, une belle soirée.